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Armure complète (kabuto, menpō, dō, kote, sode, kusazuri)
Armure de samouraï – Yoroi / Tosei Gusoku
- Année
- Fin Edo, vers 1850
- Technique / matériau
- Matériaux divers
Texte complémentaire
Armure d'apparat ; samouraï de haut rang. Armure traditionnelle japonaise de samouraï Clan : XXX XXX Fin de l’époque Edo – vers 1850. L’armure traditionnelle japonaise se compose toujours des mêmes éléments qui sont ornées de multiples manières différentes. On peut distinguer : Kabuto – Le casque Il est décoré d’un maedate et d’un mon. Les fukigaeshi (protections latérales du casque) sont visibles avec des motifs décoratifs et des éléments en laque. Menpō – Le masque Ce masque protège le visage et donne une expression intimidante. Il est souvent équipé d’une fausse moustache et d’un menton en relief pour renforcer l’apparence guerrière. Do – La cuirasse Le do (plastron) est richement décoré avec des cordons et un blason doré, probablement un kamon (emblème de clan). Kote – Les protections de bras Composées de plaques métalliques et de chaîne, elles protègent l’avant-bras et la main. Sode – Les épaulières De larges plaques articulées protègent les épaules. Kusazuri – Les jambières Des lanières suspendues sous l’armure protègent le haut des jambes. Cette armure illustre l’époque durant laquelle les samouraïs portaient des armures plus décoratives et cérémonielles plutôt que purement fonctionnelles. Son style élaboré avec des couleurs et ornements raffinés suggère qu’elle appartenait à un daimyo ou un samouraï de haut rang. Pourquoi les samouraïs ne portaient plus d’armures ? Dès le début des années 1600, sous le shogunat des Tokugawa, le shogun prend systématiquement en otage les familles des samouraïs pour les installer près de lui, à proximité du Palais à Edo (Tokyo). Lors l’une éventuelle rébellion, le shogun peut ainsi exécuter immédiatement la famille du samouraï. Avec ce système, le Japon vit en paix depuis le XVIIe siècle. Ce shogunat va durer jusqu’en 1868. Les samouraïs n’ont plus d’occasion de combattre, mais doivent malgré tout suivre un enseignement militaire et civil. Le shogun impose en effet aux samouraïs, même en temps de paix, d’entretenir leur capacité à faire la guerre. Ils sont même nombreux à occuper des fonctions administratives dans les grandes villes. Logiquement, les armures ne servent plus au combat et deviennent des objets d’apparat. Avec le système de « résidence alternée » (sankin kōtai), tous les samouraïs de haut rang (les daimyos) doivent se rendre une année sur deux à la cour du shogun à Edo. Ce système les oblige à entretenir le domaine qu’ils possèdent en province mais aussi la résidence à Edo, où leur famille est retenue en otage. Lors de ce voyage, tous les deux ans, les samouraïs traversent le Japon avec leur cour et surtout en armure. La fabrication de l’armure est à la charge du samouraï et représente un coût colossal. La qualité de l’armure dépend donc souvent du niveau financier et hiérarchique du samouraï. Au XIXᵉ siècle, et plus encore après la disparition de la classe des samouraïs, et à partir de la Restauration de Meiji, des armures continuent d’être produites pour les expositions et les temples. Certaines reproduisent fidèlement les modèles anciens mais n’ont jamais été destinées à un usage militaire. Une armure peut être authentiquement japonaise et ancienne, tout en n’ayant jamais connu le combat. Elle témoigne du prestige social, du savoir-faire des armuriers et de la mémoire du monde des samouraïs que de la guerre elle-même. Les samouraïs ne sont pas que des soldats et des chefs de guerre Lorsque l'on imagine un samouraï, on pense immédiatement à son sabre, son armure et aux champs de bataille. On l'imagine rarement en train de choisir un parfum, d'entretenir sa coiffure ou de faire décorer son équipement par des artisans de luxe. Et pourtant, les guerriers de haut rang du Japon féodal accordaient une importance immense à leur apparence. Car pour eux, l'honneur ne se limitait pas à la victoire. Il devait être visible jusque dans les moindres détails. Les samouraïs n'étaient pas seulement des combattants. Les membres de l'élite pratiquaient également la poésie, la calligraphie, la cérémonie du thé, l'arrangement floral ou l'art de l'encens. Le guerrier idéal devait maîtriser aussi bien le pinceau que le sabre. Cette recherche de raffinement se retrouvait jusque dans leur préparation au combat. L'une des pratiques les plus étonnantes concerne l'utilisation de l'encens avant les batailles. Avant de revêtir leur armure, certains samouraïs de haut rang brûlaient des encens précieux à l'intérieur de leur kabuto, leur casque. On utilisait notamment du bois d'agar, du bois de santal et des mélanges parfumés réservés à l'aristocratie. Pourquoi parfumer un casque avant d'aller se battre ? Parce que les samouraïs savaient qu'ils pouvaient mourir. À l'époque féodale, les têtes des guerriers vaincus étaient souvent récupérées afin d'être identifiées et présentées après la bataille. La célèbre coiffure samouraï, le chonmage, était bien plus qu'une mode. Elle symbolisait le statut social du guerrier. Avant une campagne militaire importante, les cheveux étaient soigneusement lavés, peignés, huilés avec de l'huile de camélia et attachés avec une précision rigoureuse. Une apparence négligée pouvait être perçue comme un manque de discipline. Les samouraïs n'étaient pas simplement des hommes de guerre. Ils vivaient dans un monde où l'esthétique, la discipline et l'honneur étaient intimement liés. Posséder un équipement magnifiquement décoré en Inden, porter un casque parfumé et apparaître impeccable avant une bataille n'étaient pas des signes de vanité. C'était une façon d'affirmer que, même face à la mort, ils restaient maîtres d'eux-mêmes. Mourir avec courage était important. Mourir avec dignité l'était tout autant.
© Collection particulière